Avec seulement 1 million d’euros de préjudice, l’Hexagone se classe 25e sur 36 pays mais la vigilance reste de mise face à l’explosion des arnaques sentimentales générées par IA
Une crise mondiale qui s’accélère
Ce qui n’était qu’un phénomène émergent en 2019 s’est transformé en crise de cybersécurité à grande échelle. Selon une nouvelle étude publiée par Surfshark, entreprise spécialisée en cybersécurité, les fraudes exploitant les deepfakes – ces contenus vidéo, audio ou image générés par intelligence artificielle – ont déjà coûté 2,19 milliards de dollars (environ 1,85 milliards d’euros) à l’échelle mondiale.
Les États-Unis dominent ce triste classement avec 712 millions de dollars de pertes, suivis de la Malaisie (502 millions) et de Hong Kong (229 millions).
La France parmi les pays les moins touchés
Dans ce panorama international, la France fait figure d’exception relative. Avec un préjudice estimé à 1 million d’euros, elle se positionne au 25e rang sur 36 pays analysés.
La quasi-totalité des pertes françaises (97 %) provient d’arnaques sentimentales mettant en scène des deepfakes de célébrités. Les 3 % restants concernent de fausses opportunités d’investissement promues par des personnalités publiques contrefaites numériquement.
Cette tendance fait écho à des affaires médiatisées, comme celle d’une Française ayant perdu 850 000 dollars après avoir cru entretenir une relation avec un faux Brad Pitt généré par IA.
Le Royaume-Uni en tête des pays européens
Trois pays européens figurent dans le top 10 mondial des pertes liées aux deepfakes :
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Pays
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Pertes estimées
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Royaume-Uni
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149 millions $
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Suède
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63 millions $
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Espagne
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56 millions $
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Dans ces trois pays, 90 % des préjudices résultent de deepfakes de personnalités promouvant de fausses opportunités d’investissement.
Des techniques de fraude qui varient selon les régions
L’étude Surfshark révèle une géographie des tactiques criminelles :
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Malaisie : 99,7 % des pertes proviennent de faux placements financiers
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Hong Kong : épicentre mondial de la fraude sentimentale par deepfake (105 millions $)
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Indonésie : les criminels utilisent les deepfakes pour contourner les contrôles biométriques bancaires et obtenir des prêts frauduleux
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États-Unis : émergence d’une menace spécifique — l’usurpation d’identité de proches (124 millions $, soit 99,9 % des cas mondiaux de ce type)
Recommandations pour se protéger
Face à cette menace croissante, Surfshark préconise plusieurs mesures :
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Vérifier systématiquement toute demande d’argent par un canal indépendant (appel direct, confirmation interne)
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Ne jamais céder à l’urgence — la précipitation est l’arme des escrocs
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Former les équipes sensibles (finance, RH, communication) à repérer les signaux d’un deepfake : voix trop lisse, léger décalage labial, incohérences visuelles
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Établir un mot de passe familial pour authentifier les appels d’urgence de proches
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Limiter l’exposition de ses données personnelles sur les réseaux sociaux (photos et vidéos de haute qualité en mode public)



